Plateforme des socialistes et libertaires pour la résistance ukrainienne et la paix

Traduzione di Veronique di Mercurio

Plateforme des socialistes et libertaires pour la

résistance ukrainienne et la paix

Nous sommes confrontés à des transformations économiques et sociales à l’échelle mondiale qui ont

remis en question, à certains égards, les lignes de faille antérieures de l’alignement politique. Le

résultat de l’effondrement de l’URSS et de l’émergence d’une grande superpuissance totalitaire

comme la Chine, ébranle jusque dans les fondements l’hégémonie capitaliste occidentale contrôlée

par les USA. Ces dynamiques se sont clairement révélées pendant la guerre en Ukraine, où une partie

de la gauche occidentale – le camp dont nous sentons faire partie – a ouvertement refusé

ouvertement de soutenir le droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple ukrainien.

Pourtant, ces positions sont inscrites dans la meilleure tradition du mouvement ouvrier. En 1915, des

militants socialistes se réunirent à Zimmerwald et signèrent un manifeste proclamant : « La paix n’est

possible que si toute idée de violation des droits et libertés des peuples est condamnée. Elle ne doit

conduire ni à l’occupation de pays entiers ni à des annexions partielles. Non aux annexions, manifestes

ou déguisées, et non à l’assujettissement économique qui, en raison de la perte d’autonomie politique

qu’elle entraîne, devient encore plus intolérable. Le droit des peuples à l’autodétermination doit être

le fondement inébranlable du système des relations de nation à nation.

Non pas un pacifisme stérile mais une « paix juste » fondée sur le rejet des annexions comme perte

d’autonomie d’une nation. Une paix qui offre à tous les peuples la possibilité de se développer

démocratiquement et de manière indépendante. Ce sont les bases pour remettre en question les

inégalités, les injustices et ouvrir des espaces de liberté et d’autodétermination. Dans les pays à régime

autoritaire ou totalitaire, cela est nié et l’oppression règne en souveraine. Même dans les pays

capitalistes occidentaux, les libertés et les droits démocratiques sont de plus en plus dévorées,

donnant lieu à des inégalités sociales beaucoup plus choquantes que par le passé. C’est pourquoi

socialistes et libertaires se battent de toutes les manières possibles pour défendre bec et ongles les

espaces des démocraties et des libertés sociales et civiles.

On assiste aussi dans la guerre d’Ukraine à une sorte d'« eurocentrisme » maladroit et pernicieux

d’une partie de la gauche internationale qui, en invitant en fait à l’équidistance entre agresseurs et

agresseurs, n’entend pas comprendre les raisons de ceux qui résistent dans toute l’ex-URSS contre

l’impérialisme russe.

Au lieu de cela, nous voulons suivre une autre voie: celle de la confrontation et de la collaboration avec

la meilleure partie de l’Europe de l’Est, convaincue que le redressement de la gauche ne peut se faire

qu’à l’échelle européenne, une Europe dont la Russie et l’Ukraine font pleinement partie. Cela nourrit

l’internationalisme qui rejette le chauvinisme et la russophobie, l’autoritarisme et le colonialisme de «

la grand Russie ». Pour la liberté de tous les peuples sous toutes les latitudes, du Kurdistan à la

Palestine.

Des droits à l’autodétermination qui accompagnent celui de la résistance et qui prévoient la possibilité

de se ranger « militairement » aussi du côté des forces traditionnellement hostiles à la gauche et

appartenant au camp de l’OTAN. Dans l’histoire du siècle dernier, cela s’est déjà produit plusieurs fois:

pendant la guerre civile espagnole, pendant la Seconde Guerre mondiale quand il était nécessaire de

lutter contre la montée du fascisme. Les ouvriers et les opprimés, dans certaines conditions, ont moins

à perdre dans un camp que dans l’autre.

Concrètement, la proposition – ouverte – est de créer quatre ordres d’activité :

 

1. Un travail d’approfondissement de la connaissance du monde de l’ex-URSS. Jusqu’à présent, trop de

gens parlent et écrivent sans connaissance. Créer un flux d’échange d’informations et de nouvelles sur

ce qui se passe dans ces pays.

2. Un dialogue avec tous ceux qui, dans l’ex-URSS, soutiennent une perspective démocratique et de

gauche. Cette action, à long terme, pourrait être réalisée dans un magazine et / ou un site Web avec

des traductions d’articles, d’essais, de matériaux provenant de ce monde et de discussions sur les

perspectives de l’Europe. Ce travail ne peut et ne doit pas être ouvert uniquement aux spécialistes ou

aux intellectuels mais ne doit pas se réduire au niveau des « messages Facebook ».

3. Initiatives publiques et en ligne visant à sensibiliser et à élargir la discussion sur ces questions à

l’échelle nationale et internationale.

4. Une solidarité concrète avec les populations directement impliquées dans la guerre et l’opposition

démocratique à la Russie de Poutine ainsi qu’aux mesures antisociales et répressives du gouvernement

Zelensky.

Cette agrégation est une agrégation d’individus qui rejette la logique des « intergroupes » et des «

front organizations » et est basée sur la libre participation, étant donné l’accord général sur ce qui est

soutenu ici et dans la mesure des volontés et des possibilités de chacun.

Pour continuer à faire ce travail, nous avons besoin de votre soutien, même modeste.